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The STROKES AU ZENITH : VITE FAIT, TRES BIEN FAIT

Les Strokes ont offert hier soir au Zénith devant une salle comble un set parfaitement enchaîné et efficace alternant avec fougue les morceaux du nouvel album comme les plus anciens. Le groupe de New-York, de retour après les aventures solos de plusieurs de ses membres, a prouvé une fois de plus à ceux qui en doutaient encore qu'ils restaient l'un des meilleurs groupes de rock actuels. Mention spéciale au public parisien qui hier soir n'a pas boudé son plaisir et explosé sur des tubes comme "Reptilia" ou "Juicebox". Un seul regret, récurrent s'agissant des performances des strokes, la durée du concert (1h 10) un peu courte ...rien à redire en revanche sur la performance vocale de Julian Casablancas, parfois inconstant, mais qui était hier totalement envoûtant.

Il ne reste plus à espérer que les tensions au sein du groupe ne mettent pas en danger la sortie du prochain album parce que même après dix ans de carrière et quatre albums on en redemande!

Setlist :

New York City Cops 
Alone, Together
Reptilia 
Machu Picchu
The Modern Age 
Is This It 
Under Cover of Darkness
What Ever Happened?
Life Is Simple in the Moonlight
Someday
You Only Live Once
You're So Right
Under Control 
Gratisfaction 
Juicebox 
Last Nite 
Rappel :
Automatic Stop
Hard to Explain 
Take It Or Leave It 

Crystal Castles fait sauter le Casino de Paris

Voilà un concert qui fait du bien : un vrai soir d’été à Paris en pleine semaine, un lieu beaucoup moins ringard que son nom ou sa programmation habituelle, un groupe qui ne vient pas faire de promo, qui n’a pas d’actualité particulière mais qui sait entretenir de bonnes relations avec son public. Première crainte levée rapidement : l’acoustique est plutôt bonne, ce qui n’est pas si fréquent et qui devient carrément indispensable pour apprécier les distorsions électros des canadiens.
Le concert se déroule dans une ambiance bonne enfant où tout le monde trouve sa place (nous : prés du bar à vin). Le show de Crystal Castles est sans fioriture, efficace. Leurs morceaux sont construits pour la scène et provoquent des montées furieuses. Dans une obscurité propice, Alice Glass se donne à fond comme le public qui la gratifie d’un rappel appuyé avant de quitter la salle en sueur sous une fine pluie d’été.

Le festival Rock n' Coke : découvrir Istanbul autrement

Le plus grand festival en plein air de Turquie offre l'opportunité de se plonger dans l'énergie festive et vibrante de la Cité du Bosphore. Le Rock N Coke 2011 se déroule les 16 et 17 juillet et accueille une programmation bien pensée, juste équilibre entre têtes d'affiche internationales (parfois anciennes), artistes locaux et valeurs sûres de la scène indé. Même si voir Moby, Travis, Paolo Nutini, Skunk Anansie sur la grande scène a un air de déjà-vu, accompagnés des Black lips, Mogwai, The Qemist, Beach house, Gaslamp killer, FM Belfast, Dum Dum Girls, Curry & coco, Aloe Blac, 2 many dj's...la programmation donne carrément envie. Sans compter tous les excellents groupes et dj locaux connus pour faire danser même les plus réfractaires. Aucune hésitation donc si vous êtes dans le coin : un excellent before avant de finir la nuit à Taksim ou sur les rives du Bosphore.

Toute la programmation ici : http://www.rockncoke.com/Default.aspx?coke=MuzikDetay&content=Muzik_FestivalProgrami

Klaxons met le feu au TERRITORIOS de Seville

Se déroulant au Centre Andalous d'Art contemporain (CAAC) de Séville, le festival Territorios est une formidable occasion de combiner découverte culturelle, bonne musique et fête jusqu'au petit matin. Ancien monastère converti en musée, le lieu pourtant magnifique ne fait pas partie des circuits touristiques habituels, et c'est bien dommage ! Hébergeant le festival chaque année, le CAAC met a profit ses grands patios pour bâtir un parcours festif agréable et bien pensé.


Parmi les 30 groupes se produisant en 2 jours, les Klaxons étaient particulièrement attendus des festivaliers. Montant sur scène peu après 2 heures du matin, les anglais ont répondu présent en offrant un set efficace, sans déchet, devant un public venu clairement pour faire la fête. Enchainant les tubes electro rock issues de leurs 2 albums, les faisant évoluer juste ce qu'il faut pour faire monter la pression, les Klaxons surent adapter leur show en tenant compte du contexte : énergique, évolutif, sans longueur. Et à les voir sur scène, le groupe prenait autant de plaisir que le public espagnol, le tout dans une grande communion festive qui trouva son point d'orgue dans un Echoes splendide chanté en choeur comme un hymne. Un grand moment qui en annonce d'autres : vivement Primavera ! 



Theophilus London à l'Alhambra : fête, promo et après ?


Theophilus London a le mérite de faire bouger les lignes. Parvenant depuis ses débuts à réunir dans ses morceaux des influences musicales diverses, le MC chanteur de Brooklyn a su pour l'instant séduire un public large. Sa "Charming mixtape" a tout particulièrement attiré l'attention, certains tubes illustrant à merveille les tendances artistiques du moment (le meilleur exemple étant certainement Humdrum Town quintessence d'un hip hop électro dans une ambiance très 80's new wave).

Ses nombreuses collaborations (Maximum ballon, Mark Ronson) et son récent EP Lovers Holidays marqué par sa collaboration avec Solange Kwnoles dans un "Flying Overseas" au groove contemplatif lui ont assuré un buzz important en Europe où son album sortira le 19 juin prochain.

Sur scène, l'artiste se montre particulièrement à l'aise, déployant beaucoup d'énergie pour échanger avec le public et créer une atmosphère festive . Theophilus London enchaine les morceaux entraînants, fait chanter ses refrains et monter des filles du public sur scène pour danser...en un mot il assure le show devant une salle réceptive qui en redemande après un Humdrum Town d'anthologie.

Mais Theophilus London est aussi en pleine promo, et justement c'est là que cela se complique.
Des jets de T Shirt, une paire de baskets offerte, l'annonce de sa participation au grand journal de Cannes le lendemain, son EP à acheter dans les bacs, son album à acheter bientôt...La seconde partie du live est plus décousue et, à vrai dire, fait plus penser un showcase qu'à un vrai concert.

Jusqu'à présent, la force du new-yorkais était de fédérer les amateurs de musiques actuelles par sa créativité et la justesse de ses choix. Or, on est ressorti un peu mitigé de ce concert, heureux d'avoir pu fêter les meilleurs morceaux du MC mais aussi avec la sensation que son évolution artistique, un peu trop electro dance, risque de l'éloigner de son public d'origine. Attendons l'album...


TORO Y MOI au Point FMR : vive les lundis

Tout d’abord un lieu qui vaut toujours le détour : le point FMR, espace un peu sous-exploité à notre gout mais dont le décor et le concept pluridisciplinaire nous séduit à chaque visite.

Ensuite, une ambiance cool et détendue qui fait un bien fou en ce début de semaine. Big up au passage au staff de la salle pour sa bonne humeur qui dénote dans un paysage parisien trop souvent pincé.

Et pour finir, un groupe qui nous gratifie d’une belle performance musicale, nous surprenant presque après Underneath the Pine, un second album un peu inégal (malgré de belles envolées à l'image de " New Beat " et "Still Sound "). La scène ne trompe pas et constitue par essence le lieu d’appréciation du réel potentiel d’un artiste.

Or, TORO Y MOI appréhende l’exercice avec modestie, très concentré à tracer un parcours évolutif d’une grande fluidité, prenant le soin de chaque enchainement pour transformer les morceaux chill wave en pépites groovy et électro. Et clairement cela fonctionne à merveille. Le show est parfaitement construit : l’utilisation intelligente et rythmée des jeux de lumières nous rappelle qu’un live consiste aussi à faire naître une ambiance, un lieu de partage entre l’artiste et son public et que cet échange peut parfois se passer de discours.

On en vient à regretter que le groupe de Chaz Bundik ne soit pas assez programmé dans les festivals européens (ou en pleine apres-midi comme au Sonar) car nous, on reprendrait bien une dose de cette pop funky en fin de soirée, histoire de redescendre en beauté sous la boule à facette…

ODD FUTURE au SOCIAL CLUB ou comment essayer d'écouter un disque dans un couloir

Avons-nous affaire à de vrais artistes incarnant le renouveau du hip hop ou à un phénomène surcoté, maitrisant parfaitement les codes de la com, pour autoalimenter le buzz ? Il est assez évident à l'écoute de certains morceaux et de la créativité soignée accompagnant leurs clips que les membres d'ODD FUTURE sont talentueux et parviennent à exprimer des émotions et une énergie communicative qui dépassent les frontières du rap.


Reste la question de la scène et du potentiel pressenti chez ces grands ados à retourner une salle...
Et à voir le monde rassemblé ce jeudi 5 mai au Social Club, nous étions nombreux à nous interroger. Malheureusement, la réponse ne viendra pas de la première date parisienne du groupe.

Comme coincé dans un long couloir, une grande partie du public avait la sensation d'écouter un disque ou de regarder une vidéo sur un écran lointain malgré l'énergie bien réelle déployée par les MC. Au prise avec ces conditions peu optimales, le public pu tout de même constater qu’ODD FUTURE maîtrisait ses morceaux avec précision, de manière très professionnelle...tout en se jetant régulièrement dans la foule, se laissant porter à travers la scène ou encore en rappant pendu par les pieds !

En synthèse, il faudra reprendre RDV pour les voir secouer une salle toute entière, à condition que leur show soit clairement plus long, un peu plus interactif entre les morceaux et qu'il se déroule dans une vraie salle.

En gros, suspense pour nous jusqu'à Primavera...